Présentation

Texte libre

JULIEN CHARNAY

> 26 ans, journaliste indépendant 

> collaborateur de Philosophie Magazine et des pages "Idées" de "Marianne" 

> éditeur junior, comité de lecture des éditions François Bourin

> membre de la rédaction de "Ripostes" (France 5) en 2007-2008 


> diplômé de Sciences Po Paris (2004), master de recherche en pensée politique (2006)

 

> contact : juliencharnay@yahoo.fr

 

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Le moi assiégé : Essai sur l'érosion de la personnalité


Note de lecture : Le Moi assiégéfévrier 2008, Climats - (The Minimal Self, 1984, W W Norton & Co Inc)

De Myspace aux blogs en tous genres, des palais de la République aux émissions de télé-réalité, notre époque fournit son lot de Narcisses. En matière d’obsession de soi, la redécouverte de la pensée de l’Américain Christopher Lasch s’impose, permettant de prendre un peu de distance et d’échapper aux lieux communs. Alors que l’« amour de soi » traditionnel sous-tend « un sens du moi fort et stable », « les Narcisses contemporains souffrent d’un sentiment d’inauthenticité et de vide intérieur ». Tirées de La Culture du narcissisme (1979), ces expressions mettent en lumière l’« homme psychologique de notre temps » dont Lasch a dessiné les contours en vue d’interroger notre culture. Pertinente, l’œuvre de cet intellectuel inclassable (1932-1994), issu de la gauche mais réfractaire à la religion du progrès, est une référence pour de nombreux penseurs. Un seul ouvrage de lui n’avait pas encore été traduit en français, c’est désormais chose faite avec la parution aux éditions Climats du Moi assiégé. Essai sur l’érosion de la personnalité. Publié en 1984 sous le titre The Minimal Self, l’ouvrage prolonge La Culture du narcissisme en s’interrogeant sur la difficulté du sujet contemporain à penser son individualité par rapport au monde.
 
Soumis à un environnement « implacable et ingérable » hypothéqué par le spectre de catastrophes écologiques et nucléaires, le moi est assiégé par cette question de la survie qui envahit son quotidien. L’expérience des camps de la mort, qui hante la mémoire collective, en vient à être vécue comme métaphore du monde moderne. L’individu se détache de tout engagement sur le plan émotionnel, multiplie les postures ironiques, détourne son regard de l’avenir pour se limiter à la poursuite de petits objectifs facilement atteignables. Une telle vie ponctuée d’événements isolés, le sujet éprouve une grande difficulté à la penser sur le mode du récit, incapable de situer son moi en rapport avec un monde commun évanescent. « Dans une époque troublée comme la nôtre, la vie quotidienne se transforme en un exercice de survie. Les gens vivent au jour le jour. Ils évitent de penser au passé, de crainte de succomber à une “nostalgie” déprimante ; et lorsqu’ils pensent à l’avenir, c’est pour y trouver comment se prémunir des désastres que tous ou presque s’attendent désormais à affronter. […] Assiégé, le moi se resserre jusqu’à ne plus former qu’un noyau défensif, armé contre l’adversité. L’équilibre émotionnel requiert un moi minimal, et non plus le moi impérial d’antan », écrit Christopher Lasch. Si les contours du moi s’érodent ainsi, c’est d’abord parce que l’individu est aux prises avec les conditions sociales propres à l’industrie moderne de masse. Là où les objets « faits main » marquaient clairement l’existence d’un lien entre le travailleur et son environnement, le règne de la marchandise et de l’image témoignent de l’émergence d’« un monde de rêve », « environnement pré-fabriqué qui fait directement appel à nos fantasmes intimes sans jamais nous rassurer sur le fait que nous avons participé à sa création ».

L’érosion de la personnalité prend tout son sens au cœur du périple de l’art et de la littérature des années 1950 à 1970 auquel Lasch, dans Le Moi assiégé, nous invite à participer. L’artiste contemporain se désengage, sa subjectivité devient un fardeau. Les romans de Thomas Pynchon, par exemple, traduisent ainsi une forme d’ironie à l’encontre du « moi impérial » de l’écrivain romantique, qui prétendait « imposer l’ordre au chaos » par les mots. L’art moderne est marqué par cette quête d’un retour à l’expérience pré-natale d’unité absolue avec le monde, par cette volonté de voir le moi s’effacer et se fondre dans son environnement. De la même façon, l’écologie et le pacifisme versent dans un même « fantasme de régression symbiotique », qui n’est jamais que la face inversée du désir d’autarcie exprimé par la technologie. L’individu oscille ainsi entre deux tentations, symptômes du moi assiégé : prendre congé de la nature, ou ne faire qu’un avec elle

Le sombre tableau esquissé par Christopher Lasch est une invite à sauver l’idée d’une individualité authentique. Ce n’est que par la médiation de la culture, et  l’existence d’un monde commun, que l’homme peut assumer la séparation originelle, définitive, avec son environnement. Il ne recouvrira son intégrité personnelle et sa liberté qu’à la condition d’adjoindre à sa quête spirituelle d’unité avec le monde un certain sens des limites.
                      

À la veille de la Coupe du monde, qui a lieu du 7 septembre au 20 octobre, Catherine Kintzler, philosophe fan de rugby, a rencontré Christophe Dominici, ailier médiatique du XV de France. Pour le joueur comme pour la supportrice, ce sport est une façon exemplaire de se confronter aux choses et aux autres, de se construire. 


Christophe Dominici : Depuis les années 1990, en France, un regard nouveau se pose sur le rugby. Il n'est plus représenté comme une confrontation de brutes épaisses où le plus agressif et le plus méchant doit nécessairement gagner. La pratique du rugby a évolué. Tout change, la technique et l'esthétique. Avec la professionnalisation et la mondialisation, il est devenu beaucoup plus télévisuel. La Coupe du monde pour laquelle plus de deux millions de billets ont déjà été vendus est la consécration de cette transformation, assez loin de mes débuts à Toulon. J'ai commencé dans un club très atypique qui cultivait des valeurs guerrières. En 1997, j'ai rencontré Max Guazzini, président du Stade français de Paris, club qui avait pour ambition de devenir champion de France. J'ai signé tout de suite. Au début, on jouait devant 2000 personnes. Et puis le club a ouvert grand ses portes à un public nouveau, grâce notamment au calendrier des «Dieux du stade», qui montrait les corps nus des rugbymen. Cela a changé le regard porté sur nous, celui des femmes par exemple. (...)

 


 



Légende Photo                                   

 


Il y a un paradoxe de l'écologie. D'un côté, tout le monde est d'accord… La dégradation de l'écosystème par l'activité humaine fait peser de lourdes menaces sur l'avenir. Le rapport de l'économiste sir Nicholas Stern, rendu le 30 octobre 2006, prévoit que les conséquences du réchauffement climatique seront aussi graves que celles de la crise de 1929 ou des guerres mondiales. La bouffée d'enthousiasme suscitée par le pacte écologique de Nicolas Hulot (lire son dialogue avec Edgar Morin dans Philosophie magazine numero 6) ou les échos de la sortie internationale du documentaire choc de Davis Guggenheim avec Al Gore, Une vérité qui dérange, témoignent d'une prise de conscience du public. Il faut faire quelque chose, doit agir de toute urgence. Certes… Mais nous ne savons pas qui, ni par quels moyens. Comment battre le rappel ?  Drôle de combat où il n'est guère d'ennemis menaçants contre lesquels s'élever. L'humanité doit s'affronter elle-même. Notre modèle de développement, fondé sur la croissance et la maximisation des intérêts de chacun, apparaît chaque jour moins tenable. Le devenir de l'homme sur Terre fait-il suffisamment sens pour que nous acceptions de revoir nos modes de vie ? L'écologie renvoie peut-être beaucoup plus à des thématiques spirituelles qu'on ne le dit généralement. Elle pose directement la question de l'Apocalypse, du renoncement au matérialisme, de la restriction de la consommation, de la tempérance, de la limite à assigner aux pouvoirs de l'homme, de la transcendance. C'est cette dimension peu visible de la pensée écologique que révèle ce dialogue entre l'ancienne ministre de l'Environnement du gouvernement d'Alain Juppé et actuelle présidente du parti écologique Cap 21, ­Corinne Lepage, et le philosophe Jean-Pierre Dupuy, professeur à l'université de Stanford (Californie). Auteur aux éditions du Seuil de Pour un catastrophisme éclairé : quand l'impossible est certain et de Retour de Tchernobyl : journal d'un homme en colère, il a contribué à l'élaboration du programme de la candidate à la présidentielle de 2002, ralliée à la démarche de François Bayrou. Tous deux cherchent des solutions à cette difficulté majeure : peut-on faire de la politique avec des bons sentiments ?




 


Fondateur de l'association Banlieues votez, il vient d'achever une marche solitaire de Paris à Strasbourg pour encourager l'inscription sur les listes électorales. Le long des interminables routes de campagne, l'homme, bâton à la main, drap blanc autour du cou, ressemblait étrangement à un pèlerin. Faites-le-lui remarquer, il adore ça. Ramenez-le à sa folie douce, son sens démesuré de la mise en scène, il éclate de rire. Ce grand enfant de 29 ans s'est toujours amusé de passer pour un « dingue ». Il y a trois semaines, il parvenait même à surprendre ses amis pourtant habitués à ses frasques en leur annonçant son projet. Paris-Strasbourg à pied.


Lire le portrait 
:
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-850901,0.html?xtor=RSS-3208

 

 

Pour Hubert Védrine, la politique américaine menée au Moyen-Orient est unilatéraliste, aveugle et sourde jusqu'à la caricature.


Marianne : Pensez-vous que la fracture Etats-Unis/Europe renvoie à une vieille opposition entre deux univers politiques très différents?

Hubert Védrine : Malgré leur filiation, les Etats-Unis et l'Europe sont en effet deux mondes assez différents. Ils réagissent très différemment sur des sujets précis, comme l'Irak ou le recours à la force. Depuis la Seconde Guerre mondiale, les Européens croyaient en avoir fini avec l'histoire, l'Amérique- non. Celte différence d'approche a longtemps été masquée pendant la guerre froide, où la menace soviétique rapprochait les deux rives de l'Atlantique.


 

 

Les grandes villes regorgent de ces pauvres d'un genre nouveau, surdiplômés au statut précaire, à la frustration croissante et au bulletin de vote explosif.


Neuf années d'études pour finir dans un «studio» de 9 m2 sous les toits parisiens: la situation de ceux qu'Anne et Marine Rambach ont nommés au terme de leur remarquable enquête «les intellos précaires n'a rien de romantique. Elle illustre non pas une vie de bohème, mais bel et bien une vie de galère. Ils sont pigistes, auteurs, salariés en contrat à durée déterminée, en contrat emploi solidarité, chercheurs indépendants, vacataires, ils travaillent au noir partiellement ou complètement. La plupart des grandes villes, et pas simplement Paris, regorgent de ces pauvres d'un genre nouveau qui survivent péniblement dans une société qui leur apparaît de plus en plus arbitraire et bloquée.     (...)


Lire la suite : http://www.marianne2.fr/LE-TIERS-ETAT-CULTUREL_a69593.html

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus